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samedi 13 décembre 2014

Guiness, Whiskey et Séparation

Nouvelle écrite en 3 séances (1/2 heure à chaque fois) d'un atelier d'écriture. la contrainte était d'introduire dans le texte le dialogue  suivant l'extrait de “Histoire de la sexualité” d’Arthur Dreyfus :
- Vous êtes séparés depuis longtemps?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore.

Guiness Whiskey et Séparation

photo Nataliaaggiato

#1

C'est un de ces soirs de déprime. Le ciel grisonnant n'a fait que précipiter la nuit. Conor est assis au comptoir, le regard vide un peu nostalgique, un verre de whiskey à moitié entamé devant lui.  Il tient nerveusement entre ces mains une photo.Seamus le barman entame la conversation mais Conor n'est pas très loquace. Intrigué par cette photo, il demande à Conor de lui montrer. Celui-ci finit par accepter.

Après un silence quelque peu gêné, enfin si l'on peut qualifier de silence la sono qui passe les Pogues pas à fond mais presque et les exclamations des joueurs de fléchettes au fond de la salle,Seamus prend la parole :

- Vous êtes séparés depuis longtemps ? - Un an et un mois
- Tu comptes encore ?

- Oui et non ... enfin les soirs de cafard quand ça va pas fort.


Seamus comprit qu'il valait mieux ne pas insister et le laisser seul. Conor se laissa dériver le long du fleuve de ses souvenirs heureux. Il finit son Whiskey, puis un autre et rentra chez lui en titubant et s'endormit comme une masse sans même ôter ces vêtements.

#2

L'alcool aidait généralement à faire fuir le cafard ! Comme dit souvent son pote Jer, Un plein d'alcool et on décolle mais cette fois, rien à faire, la gueule de bois ne faisait qu'empirer les choses. Il n'arrêtait pas de penser à cette séparation, repassait "leur" disque en boucle.

Les soirées au pub se faisaient de plus en plus fréquentes. Les litres de Guiness avalés et les verres de whiskey descendus frisaient les records. Seamus et ses autres potes commençaient à s'inquiéter.

Jer proposa à Conor d'aller se changer les idées en passant quelques jours à Galway. Conor allait mieux même si par moment un pub, une rue lui rappelait des moments autrefois heureux mais qui le rendaient aujourd'hui mélancolique.

Sur le retour, ils décidèrent malgré la pluie, cette douce bruine qui vous chatouille les poils de barbe et fait de l'Irlande un pays si vert, de prendre les petites routes défoncées à travers les collines et la campagne.

En arrivant à Dublin, Jer proposa à Conor d'aller sans jeter un petit dernier chez Seamus:


- "A Guiness, a whiskey let's fill the Donkey" 

(Ndla : proverbe local hypothétique qui pourrit se traduire par « Une Guiness, un whiskey, remplissons le benêt »)

#3

Quand Ils arrivérent au pub, la soirée commençait à peine.Un concert semblait être prévu un peu plus tard. Ayant la flemme d'aller acheter quelque chose de plus consistant à manger au paki du coin, Conor et Jer commandérent des Chips et des sandwich au cheddar accompagnés comme ils se doit de pintes de Guiness bien fraîches.


Conor demanda à Seamus :

- Quel groupe joue ce soir ?
- Les Red Grass, des petits jeunes de Kinsale
- Connais pas !
- Folk/Rock Simple mais efficace
- OK on verra bien.

Le concert battait son plein. Conor en était à sa deuxième ou troisième pinte qu'il avait accompagné d'un petit Bushmills (Ndla : whiskey Irlandais) quand le leader du groupe lança avec bonhomie :

On a appris que Conor des regrettés Dark Rovers était parmi nous ce soir. On est fan. Conor,  tu voudrais venir sur scène avec nous pour une reprise des Pogues ?

Conor se fit un peu prier, mais finit par accepter et ils entamèrent le standard incontournable "Dirty Old Town".


I met my love by the gas works wall
Dreamed a dream by the old canal
I Kissed my girl by the factory wall
Dirty old town
Dirty old town


A ce moment là, la porte du bar s'ouvrit et 3 hommes entrèrent ... leurs voix masculines se mêlèrent à celle de Conor qui laissa paraître un grand sourire.
C'est ainsi que 400 jours après leurs séparation, les Dark Rovers remontèrent sur scène.

#THE END

PS : Pour ceux qui n'auraient pas remarqué, 400 jours correspondent à un peu plus d'un an et un mois.

mercredi 1 octobre 2014

Schizophrénie

Est-ce le jour, est-ce la nuit ?
Pas de fenêtre dans cette pièce exigue

Mais ou est donc passé ma vie ?
Ces cachetons sont quelque part ma cigüe

Mais ou sont passés tout mes amis ?
Un à un de ma tête ils ont disparus

Serais-je devenue un zombie ?
Un corps dans le quel je suis un intrus


Where is my mind ? where is my mind ? ...


vendredi 23 août 2013

Un reveil qui ne sent pas la rose

Un réveil qui ne sent pas la rose

Comme chaque matin, la radio me réveille,
laissant son flot atteindre mes oreilles.
Comme bien souvent, les nouvelles sont mauvaises,
le sauveur du monde, il devra être balaise.

Oh que non, ca ne sent pas vraiment la rose,
qu'on le tourne en vers ou en prose.
Ca sent plutôt le gaz moutarde, le gaz Sarin,
poison qui gangrène le genre humain.

J'espère encore une fois que ce n'était qu'un rêve,
que l'horreur et l'indifférence ont fait une trêve.
Après une pilule d'optimisme, je continue à vivre,
Après tout l'avenir n'est pas écrit dans les livres.


mardi 16 juillet 2013

Maudit

Le rideau se déchire
Et pendant un instant
j'aperçois ce qu'il y a de l'autre coté

Impossible de retranscrire
Ce sentiment puissant
Cette perfection que je cherche à retrouver

Le rideau s'est refermé
Ne laissant que ce rêve inaccessible
Et la quête d'un endroit qui n'existe peut-être pas

les mots restent bloqués
Il faudrait en inventer pour décrire l'impossible
Mais je sais que désormais cette mission guide mes pas

Mon bonheur,
Ma malédiction.

mardi 9 juillet 2013

Matin d'été ...


C'est un de ces matins typiques d'été,
Douceur matinale et ciel sans nuage,
Annonce d'une bien chaude journée,
Où le soleil reignera sans partage

Les vêtements se font plus légers,
Sans vergogne, les corps se dévoilent,
Prélude à de frivoles pensées,
La tête perdue dans les étoiles

J'aime ces matins, ces peaux en liberté
Le spectacle m'émeut, m'emoustille
Instants éphémères, hymnes à la beauté
Eclats de vie qui dans mes yeux pétillent

Je hais ces matins, douce cruauté
Visions délicieuses et torture malgré tout
Rappels douloureux, d'une sombre réalité
Fléches de solitude qui peuvent me rendre fou

lundi 10 juin 2013

Journal d’un enfermé (version intégrale)

écrit en 3 séances d'une demi-heure lors d'ateliers d'écriture ... thème journal / contrainte premiere personne et enfermé

29 février 2012

Par où commencer ? Je n’ai jamais tenu de journal de ma  vie. Mais tout a changé depuis ce jour maudit. Mon thérapeute me dit que je devrais écrire, tenir un journal que c’est une bonne chose …

MERDE !

Avant j’avais plein d’amis, je faisais souvent la fête … mais ça c’était avant. Maintenant je suis enfermé, enfermé en moi, dans ma tête et dans cet appartement

CONNARD JE TE HAIS !
TU M’AS TOUT PRIS !

18 mars 2012

Je refais une tentative à la demande insistante de mon thérapeute, le Dr Jeliq. Je dois exprimer  ce que je vis ce que je ressens. Il est gentil, mais c’est dur ! J’ai parfois envie de l’étrangler .

Rester factuel dans un premier temps qu’il dit ! OK, OK on se calme.

Depuis que … putain fais chier !  Même en écrivant … je ne peux le dire … bref, je suis devenu un ermite forcé. Je ne peux plus mettre un pied en dehors de ce putain d’appartement qui commence à me sortir par les trous de nez.
Dés que j’essaye de mettre un pied dehors, une peur irrépressible me prend, me paralyse, me tétanise. Je ne supporte pas non plus la présence de plus d’une personne à la fois. Mon thérapeute doit  venir faire ses visites à domicile … Je suis en prison chez moi !

CONNARD !
VA TE FAIRE …. !!!!!!!!!

21 mars 2012

Bon ben c’est officiel, j’emmerde le thérapeute ! Je m’emmerde aussi . Faute de parler de ce qui m’est arrivé, parlons de mes occupations. Je bénis le salopard là-haut si jamais il existe d’avoir inventé Internet ; ma fenêtre sur le monde. En ce moment on ne parle que du duel Hollande-Sarkozy … le flamby tout mou contre le nain de fer …  et bien sur de l’affaire Merah. Aujourd’hui m’a mère est venue,elle m’a ramené 3 bouquins, des pavés … les misérables de Victor Hugo, le seigneur des anneaux et le Vidal ! Pour m’occuper qu’elle dit ! Mais bon je pense que je peux faire une croix sur la médecine !

24 mars 2012

J’ai trouvé pas mal d’infos sur un phénomène social au japon, des gens un peu comme moi : les Hikikimori ; Des jeunes associaux qui restent enfermés chez eux scotchés devant leur ordi et qui se font livrer la nourriture à domicile … suis-je un hikikimori ?

Je suis devenu expert en jeu flashs… mais je m’en fous … plus ca va moins je supporte les visites … j’aime ne pas me sentir completement seul mais le regard de pitié que je lis sur leurs visages m’insupporte !

POURQUOI MOI ?

4 avril 2012


Aujourd'hui, j'ai reçu la visite de mon pote Teddy ... je ne vais pas beaucoup mieux mais on a enfin le courage de se revoir ... de franchir la peur de savoir se comporter façe à l'immobilité forcée et la jalousie de la mobilité. On devait partir tout les deux se faire un voyage en Europe Centrale ... Prague, Baratislava, Budapest ... Finalement, il y va quand même, sans moi mais sans me remplacer non plue, seul.Il m'ecrira et m'enverra des photos  le plus souvent possible.

j'ai pu me retenir jusqu'à son départ mais ce sentiment de colère irrésistible me reprend ... pas contre lui, il n'y est pour rien mais contre ce 

FILS DE PUTE !

8 avril 2012

J’ai recu un SMS de Teddy, il vient d'arriver à Prague, quand j'irai mieux on y retournera ensemble me dit-il ... Il a intérêt à tenir sa promesse.

Le thérapeute est encore venu aujourd'hui, on commence à aborder ce qui m'est arrivé ... c'est dur, je n'arrive pas encore à l'exprimer ... ce jour où je me suis fait ... Aggresser ... Quel soulagement j'arrive enfin à l'écrire  même si je ne peux aller plus avant ... je me sens mieux ... je tente de franchir la porte ... ECHEC !


Mais qu'ai-je donc fait au bon Dieu ou à tout autre force supernaturelle pour que ça m'arrive ...

FAIS CHIER!


12 avril 2012



Pas d'avancées depuis l'autre jour ... Teddy vient d'arriver à Bratislava et il a fait une rencontre curieuse dans le train qui le tarabiscote un peu mais quand ca le tarabiscote il en sort toujours quelque chose ... Il me racontera tout ça plus en détail à son retour.


Ici on ne parle que du premier tour des présidentielles et des deux favoris ... Flamby versus le nain ... bientot l'épilogue ... Mélanchon, réincarnation moderne de georges marchais me fait un peu sourire même s'il est loin d'avoir tort sur tout.


Et sinon ben ... rien de passionant ... j'attaque l'intégrale des Rougon-macquart ... ca devrait m'occuper quelque temps.

7 mai 2012



Bon ben, je suis de retour de l'hopital... Et oui tu as bien lu cher journal, j'étais à l'hopital et je suis donc sorti d'ici ... J'ai pris goût à ce petit exercice d'écriture et j'ai décidé de le poursuivre ... allez je te raconte ...
On était le 25 avril, je saturais des Rougon-Macquart, Flamby et le Sarko'ptit se sont qualifiés pour la grande finale du Presidential Catch Championship ... Ah oui et un certain Bobby Kanagan, Psychopathe sexuel s'est échappé de l'aile psychiatrique de la centrale de Clairvaux ... Il se serait volatilisé ... Violeurs ultra-dangereux ... mesdames attention
Teddy venait de rentrer de son périple en Europe centrale et est passé me montrer les photos et me narrer en détail son voyage et ses impressions ... vivement qu'on y retourne tout les deux ...

 J'étais à la fenêtre ... A mon habitude, j'observe les gens dans la rue ... D'un coup je deviens blême ... Je demande à teddy de prendre un gars en photo dans la rue ... avec son zoom de malade... je regarde la photo et m'effondre sur le canapé ! et je mets à crier :

C'est lui ! C'est ce fils de pute!

Le mec qui m'a aggressé et ... violé ... j'en suis sûr ... je ne sais pas ce qui me prend ... je me dirige à toute vitesse vers la porte, je sors je me mets à courir ... sans penser à rien ... franchissant sans encombre la barrière invisible ... je m'essouffle, je trébuche et m'explose la tête contre un lampadaire ... me voilà dans les pommes ... et reveil à l'hopital ... Teddy a filé sa photo aux flics ... j'espère qu'ils le choperont ... mais aujourd'hui je peux à nouveau circulé ... pas totalement guéri mais ...

LIBRE !

A bientôt,

PS; c'est Flamby qui a gané !









mardi 16 avril 2013

Transport

Encore un de ces matins blafards
De ces grisailles à vous filer le cafard
Mal réveillé, quelque peu hagard
Je file, direction la gare

Une minute de plus et je loupais mon train
J'entendais d'ici le patron et son refrain
Assis à la fenêtre, yeux dans le vague, un rêve m'étreint
La nature chatoie, se présente dans son plus bel écrin

Bercé par le ronronnement de la bête de feraille
Je navigue dans un bonheur sans faille
Sable blanc, mer azur, douce odeur de papaye
Mon arrêt est annoncé ... mon rêve déraille

mardi 29 janvier 2013

Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

On me dit souvent que j'ai une gueule de cinéma. A choisir je préférerai qu'on me dise que j'ai une gueule d'ange mais, bon, je ne vais pas faire la gueule pour autant.

j'ai pris le parti le plus souvent de ne pas ouvrir ma gueule, même si comme tout le monde il m'arrive de pousser des coups de gueule. Qu'à cela ne tienne, cela ne m'empêche pas de me fendre la gueule et parfois même de me bourrer la gueule. En général je sais m'arrêter avant d'avoir l'alcool ras la gueule et n'en déplaise aux bégueules, que je ne dégueule le gueuleton du soir.

Quand le lendemain, j'ai la gueule de bois, il ne faut pas me chercher des noises. Si jamais une gueule de con se ramène la gueule enfarinée et se met à déblatérer des conneries sur les arabes, les les homosexuels, les assistés ou autre délits de sale gueule, il va se faire engueuler, se faire cueillir d'un "ta gueule !" bien senti. Et si jamais le malotru veut me casser la gueule, il n'a qu'à bien se tenir car je ne vais pas crever la gueule ouverte.

Bon ben quand est-ce que je vois vos gueules ?

mardi 15 janvier 2013

Trêve de vie


Petit texte, écrit à la volée en rentrant de ma pause repas...

 
Trêve de vie

Je suis au parc, devant moi, le manège aux couleurs chamarrées diffuse ces lumières clignotantes et sa musique répétitive. Dans le terrain de jeux des enfants se courent après, crient, rient, se laisssent glisser sur le toboggan fluo sous les regards fiers ou parfois inquiets de leurs parents. Moi aussi je la regarde plein de fierté, sanglée dans sa doudoune à l’effigie de Dora l’exploratrice, maitrisant avec fierté l’hélicoptère et me faisant de grands signes à chaque fois que le manège passe devant moi. Ses cheveux blonds bouclés, son regard qui pétille …  Elle n’a pas peur comme le petit garcon à coté que sa maman doit rassurer … Je suis heureux.

Mon téléphone sonne ... Me tirant de mon bonheur béat. Le manège est bien là, mais il est fermé, le parc et les jeux sont vides et silencieux, lieux à peine troublés par le passage d’un jogger. Je suis seul, comme d’habitude et il est l’heure de retourner travailler. 

TedYBear, 15/01/2012

mercredi 4 juillet 2012

Du mouvement



Du mouvement

Violent, au néant arraché
Tel le nouveau né enfin libéré
Du dedans au dehors, du cocon à la réalité
Celui de premier né pour pouvoir exister


Répété, sans jamais se lasser,
Tel les vagues venant s'écraser sur les rochers
D'est en ouest, D'hiver en été
Celui du soleil pour rythmer nos journées


Doux, au plaisir décuplé
Telle la caresse d'une main sur le corps de l'aimé.
De corps à corps, de la puberté à la sénilité
Celui de l'amour pour agrémenter nos années


Final, quand l'heure est arrivé
Tel le dernier souffle qui prend ce qu'il reste à donner
De la terre à la terre, du corps usé au corps décomposé
Celui de la Mort pour nous guider vers l'éternité


samedi 28 avril 2012

Regard sur l'inconnu(e) #4 la femme du Berlin-Budapest

chose promise chose due ...


Regard sur l'inconnu(e) #4

La femme du Berlin-Budapest

Aujourd'hui, je prends le train Berlin-Budapest pour me rendre de Prague à Bratislava ; je prends place dans un wagon. Dans le même "carré" que moi une femme est déjà assise ... Environ 35 ans, elle porte un jean et une veste en fausse fourrure blanche avec un bonnet assorti piqueté de paillettes et une écharpe violette. De son bonnet émerge quelques mèches d'un noir corbeau. Des vêtements plutôt jolis mais qui ont l'air d'avoir un peu vécu. Elle a les yeux très clairs soulignés par des cernes naissantes, un nez un peu aquilin, un visage plutôt typé Europe de l'est, peut-être slave ou balte, ce visage dégage cependant une certaine impression de dureté.

Peu de temps après, le contrôleur passe, lorsqu'il lui demande son ticket, elle lui répond en anglais d'un ton assez dur qu'elle n'en a pas, lui tend sa carte d'identité, lui dit qu'on lui a volé son argent qu'elle doit se rendre d'urgence à Budapest mais qu'elle ne lui donnera pas  plus d'explication. Après un long moment ou chacun menace d'aller à la Police, finalement le contrôleur lui file une amende salée et elle finit par sortir des "fuck off" au contrôleur. Son accent est typiquement de l'est.

Lors du contrôle, j'ai pu m'apercevoir que sa carte d'identité est allemande, je capte même son deuxième prénom, Marion. Un peu plus tard je la vois sortir de son sac à main blanc des feuilles volantes ou elle note des choses comme un journal. à un moment une de ses feuilles tombe par terre et je m’aperçois que la langue qu'elle utilise est le français. Plutôt surprenant.

Son attitude plutôt hostile envers le controleur, et plutot froide en général quand elle ne somnole pas ne me décourage d'engager la conversation ... Elle quittera le train ou tout du moins sa place à Brno, toujours en République Tchèque ... Mais mon esprit vagabonde, en imaginant une histoire à cette femme, des raisons à ce voyage ... qui feront qui sait l'objet d'une histoire.

Adieu étrange inconnue.

samedi 31 mars 2012

Obscénité


Obscénité !

Aujourd’hui, j’ouvre une fenêtre sur le monde,
elle gagne du terrain, ses graines sont fécondes.
Quand la terre nourricière se teinte de carmin,
rivière écarlate, Fureur meurtrière d’un dirigeant envers les siens.

Obscénité !

Aujourd’hui, j’ouvre une fenêtre sur mon pays,
elle monte petit à petit jusqu’à la folie.
Quand des enfants sont abattus froidement,
feu des armes, Inhumanité fanatique,d’un fou que son dieu renierait surement.

Obscénité !

Aujourd’hui j’ouvre une fenêtre  sur ma rue,
Chaque jour son territoire est plus étendu.
Quand des hommes dorment à même le trottoir,
misère galopante, espoir anéanti, mais que font les hommes au pouvoir

Obscénité !

Aujourd’hui j’ouvre une fenêtre sur mon âme,
même dans ce cocon, brûle un peu sa flamme.
Quand parfois la misère des autres ne me touche pas vraiment,
Indifférence honteuse, impuissance imaginaire, d’un homme qui en est conscient

lundi 12 mars 2012

Regard sur l'inconnu(e) #3 Le photomaton

3éme volet de la série qui reprend et sort enfin du métro


Regard sur l'inconnu(e)

#3 Le photomaton

Après cette journée de travail, je n'ai qu'une envie, retourner au plus vite dans mes pénates et se détendre. Mais le frigo est vide et il faut aller faire quelques courses. Je décide donc d'aller au petit supermarché du coin.

Je n'y avais vraiment prêté attention, mais dans l'entrée du magasin il y a un Photomaton. Le rideau est tiré, quelqu'un est en train de se faire voler son âme par la machine. Ma curiosité est éveillée. Je me lance dans un petit jeu ; essayer de deviner à quoi peut bien ressembler cet inconnu ou plutôt cette inconnue. Cette femme porte des collants noirs sur des jambes solides et à la fois graciles, une petite jupe par dessus, des bottes noires en cuir un peu fatiguées. Le rideau noir ne me laisse à peine distinguer les pans volants d'un chemisier.

La machine s'est mise en route, je l'imagine assez jeune, pas très grande, blonde, les cheveux bouclés, un visage un peu rond, assez vivant , souriant.

Elle ne semble pas pressée de tirer le rideau du photomaton, de lever le voile sur sa véritable apparence. Pincé par la curiosité, balançant entre l'envie de savoir et la déception de m'être trompé, je décide finalement de ne pas insister et de ne garder de cette inconnue qu'un souvenir à moitié réel à moitié irréel, sublimé par l'imagination.

Adieu chère inconnue, peut-être se retrouvera t-on quelque part au pays des rêves.

TedYBear,
Mars 2012

dimanche 11 mars 2012

Le printemps ... ou presque

C'est le printemps ou presque ...

A l'abri des arbres, une douce lumière me parvient. En fond sonore, le clapotis de la rivière qui s'écoule paisiblement.

Je suis là, adossé nonchalamment à un tronc d'arbre. Les mots du livre entre mes mains trouvant eux aussi sans se presser, le chemin en moi, vers le cœur ou le cerveau ou vers les deux à la fois.

Le jour baisse doucement, et comme un écho, un point salvateur vient mettre en pause ma lecture jusqu'au prochain chapitre.

Encore empli de ces mots, l'esprit nourri, quelque peu ennivré, je me lève, remet le livre dans la poche de ma veste et reprend ma route, me rapprochant de la rivière.

En sortant du bosquet, dans la lumière du jour , je l'aperçois, sa longue chevelure d'or, assise sur un rocher au milieu de la rivière, d'une beauté à couper le souffle ...

Enfin l'ai-je vraiment vue ? Pour me protéger du soleil rasant qui m'aveugle, j'attrape mes lunettes de soleil. Et là plus rien, elle a disparu ... Encore un rêve éveillé ... Si loin de la mer, comment une sirène pourrait-elle exister ? Hallucination, effet d'optique ? Et puis merde ! Laissons pour une fois ce bon vieux Cartésianisme de coté ... Ces êtres du monde invisible existent ... Et ils m'ont permis d'entrer en contact éphémère avec l'un d'entre eux ... Brisant pour quelques temps cette réalité parfois si solitaire et ennuyeuse...

Merci à toi douce sirène, grâce à toi je m'endormirai considéré comme un fou, certes, mais un fou heureux.


TedYBear

mercredi 7 décembre 2011

Regard sur l'inconnu(e) #2 Le magicien

2ème volet de la série .... Et encore dans le métro ;)

Regard sur l'inconnu(e)

#2 Le magicien

Je rentre dans le métro, il y a un peu de monde mais on est quand même loin de la boite à sardines.
L'ambiance est plutôt morose, les visages sont fermés, le silence à peine rompu par quelques échanges dans un mélange d'arabe et de français.

C'est là que je l’aperçois debout à quelques pas de moi à coté de la barre de soutien centrale. Il n'a pas l'air plus gai que les autres ... Ce qui a attiré mon regard ce n'est pas le look somme toute assez banal de ce jeune homme à qui je donnerai entre vingt-cinq et trente ans,  mais sa main gauche ou tout du moins ce qu'il en faisait .



Il était en train de manipuler machinalement un paquet de cartes, coupant et recoupant le paquet en faisant pivoter les cartes avec agilité. Pour faire ce genre de choses, je ne connais que deux catégories de personnes : les joueurs de poker et les magiciens ... La suite me donna raison. A la station suivante, la rame se remplit un peu plus et le jeune homme se rapproche et se retourne dans ma direction. Mon voisin qui  avait aussi repéré notre manipulateur de cartes, n'hésite pas à lui demandé de lui faire une démonstration. Notre "magicien" ne rechigne pas et propose à mon voisin un tour de cartes. Le sourire commence à apparaitre sur son visage, ainsi que sur celui de mon voisin.

Armé de son téléphone portable, mon voisin lui demande d'enchainer les tours pour les filmer ce qui fera un "buzz". Tout sourire, satisfaction narcissique du magicien qui a trouvé son public, notre inconnu s’exécute,  enchainant prouesse sur prouesse.

L'ambiance dans la rame est bien plus détendue, moins morose.
Je dois descendre, je suis arrivé à ma station.

Salut à toi l'inconnu magicien qui  ne serait-ce qu'un court instant a rendu ma vie et le monde moins triste. Et qui sait, la magie de la vie permettra peut être à nos routes de se croiser à nouveau !

TedYBear,
Décembre 2011

mardi 22 novembre 2011

Regard sur l'inconnu(e) #1 La jeune femme aux tongs

1er texte d'une série potentielle que j'écrirai au fil des inconnus et de l'inspiration (enfin normalement) 

Regard sur l'inconnu(e)

#1 La jeune femme aux tongs

Je m'assied dans le métro. Sur la place voisine de la mienne prend place une jeune femme d'une vingtaine d'années. Cheveux longs châtains d'allure assez simple elle porte à la main un paquet de M&M's entamé refermé avec une épingle. Mais ce n'est pas ça qui a attiré mon attention, ce sont ces pieds ou plutôt le fait qu'elle portait des tongs. Si l'on était pas en novembre, ce détail serait sans doute passé inaperçu. Bien que l'automne soit plutôt clément, ceci est un peu étonnant, d'autant plus que cet atour estival contraste avec son petit gilet et la grosse écharpe en laine sur ces genoux.

Ce qui m'a aussi interpellé, c'est son regard. Ses yeux clairs qui semblaient fixer le vide avec une certaine tristesse. Tristesse accentuée un bref instant et qui m'a même fait penser qu'elle allait pleurer. Peut-être était-ce le couple en train de plaisanter juste en face de nous qui ravivait en elle des souvenirs douloureux. Cette tristesse, cette humanité dévoilée m'a rendu cette inconnue belle et un peu moins distante.

Mon arrêt est annoncé.

Adieu charmante et touchante inconnue

"Lucy in the Sky with Diamonds"

"Lucy in the Sky with Diamonds"
"Pensées et Couleurs" - Loren Bes
Texte inspiré par un tableau de Loren Bes, "pensées et Couleurs"
Créé lors d'un atelier d'écriture et légèrement retravaillé

C'était un samedi soir de novembre, un de ces samedis grisonnants ou la couleur du ciel conduit votre moral direct dans les chaussettes. On m'avait invité à un concert de jazz déjanté dans un petit bar : le "Lucy in the Sky with Diamonds".

C'était un de ses petits bars enfumés ou le Whisky et la bière coulent à flot et où les cigarettes quelquefois "rigolotes" libéraient leurs effluves librement.

En attendant le début du concert je commande une bière et un sandwich jambon-fromage sec. je ne sais pas si celui-ci a été soupoudré de quelque substance stupéfiante mais la suite se déroula comme si j'étais dans un rêve.

Tout d'abord, une musique lancinante, ou les cordes d'une contrebasse dialoguaient avec les accords mineurs d'un piano jazzy le tout soupoudré de quelques onomatopées d'une voix de basse.

Puis de la brume fumeuse ambiante, apparait le contrebassiste, un grand échalas qui pourrait bien être croque-mort dans la vie de tout les jours et qui pourrait être tout droit sorti d'un film de Burton. Ensuite apparait le baryton et son micro ... un gaillard aux cheveux ras qui semble tout droit sorti de prison qui serait un mélange entre Pat Hibulaire et les Frères Rapetout et dont la voix caverneuse faisait sortir des mélodies d'outre-tombe. Enfin Le pianiste un peu fou avec une coupe à la Einstein au son très jazzy.

Des flashs rouges et bleus puis plus rien ... jusqu'à mon réveil dns mon lit quelques heures plus tard et un mal au crane d'anthologie ...

TedYBear,
Toulouse, Novembre 2011