Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles

jeudi 17 janvier 2013

[Critique] Les lieux infidèles - Tana French

I Met my love, by the gas yard wall
Dreamed a dream, by the old canal
Kissed my girl, by the factory wall
Dirty old town, dirty old town

The Pogues - Dirty Old Town


J'ai acheté ce livre un peu par hasard pour m'occuper durant un trajet en train ... Et je ne l'ai pas regretté comme c'est souvent le cas avec ces achats non programmés. Si ce billet s'ouvre avec un extrait du "Dirty Old Town" des Pogues ce n'est pas innocent. En effet Tana French nous fait voyager dans les quartiers pauvres et un peu "destroy" de Dublin.

Le personnage principal, Francis (Frank) Mackey est un flic, un infiltré. Un peu plus de 20 ans plus tôt, il a décidé de fuir pour l'Angleterre avec sa petite amie Rosie Daly mais elle semble avoir décidé de partir sans lui. Il décide alors de ne pas rentrer chez lui et de fuir à jamais sa famille. Mais aujourd'hui on vient de retrouver la valise de Rosie ... Frank se retrouve alors confronté à son passé, à sa famille.

Dans ce livre, Tana French nous plonge avec maestria dans le Dublin du quartier des Liberties, à 20 ans d'intervalle. Les images défilaient dans ma tête au fil de la lecture. Elle nous invite dans la vie de la famille Mackey pas rose tout les jours. L'auteur nous tient en haleine tout au long du roman avec de nombreux rebondissements. Les personnages sont vraiment riches et complexes. Un bouquin que j'ai eu du mal à lâcher.

Dans le domaine, c'est certainement un des meilleurs romans que j'aie jamais lu. Je n'ai pas été surpris que son précédent roman "écorces de sang" précédemment sorti sous le titre "Mort dans les bois" aie obtenu tout les prix importants du domaine et je vais m'empresser de me le procurer.

Vraiment un livre à lire, à la fois pour le style et pour l'histoire. un roman qui vous prend aux tripes.

mercredi 16 janvier 2013

[Critique] Betty - Arnaldur Indridason

Surprise Surprise ...

Indridason est un auteur islandais et depuis que je l'ai découvert dans un des opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur , je me suis jeté sur tout les ouvrages qu'il a commis ... Un style, des personnages riches et atypiques, des scénarios bien ficelés ... bref de bons polars

Au premier abord, le photographe que je suis est attiré par la photo de couverture ... Assez différente des couvertures habituelles des romans d'Indridason et pour cause,fet ce livre est différent des autres romans de l'auteur. En effet il ne s'agit nullement ici d'une enquête de l'inspecteur Erlendur ni de ses acolytes même si l'auteur n'a pu s'empecher d'y glisser à un moment une malicieuse référence.


L'histoire est racontée du point de vue d'une personne en incarcération préventive et qui semble mêlée à un crime tout en clamant son innocence. Indridason alterne des passages ou cette personne raconte comment les choses se sont passées,ses liens avec la sulfureuse Betty et des passages ou elle s'interroge sur elle même sur le moment où les choses ont basculé ou elle se fait interroger par des policiers. L'intrigue est bien menée et les éléments se découvrent au fur et à mesure.

Mais ce qui m'a le plus impressioné dans ce roman, c'est la surprise énorme que nous réserve l'ami Arnaldur à peu près aux deux tiers du roman. Une de ces surprises qui vous fait retourner au début du livre et le reparcourir pour essayer de voir si vraiment il n'y avait pas d'indice avant même de le finir ... Chapeau Mr Indridason.

Pour conclure, même si vous n'avez pas aimé les enquêtes d'Erlendur, je vous recommande la lecture de ce roman et de vous laisser surprendre. Pour ma part j'attend aussi le retour d'Erlendur dans le prochain opus qui sort en février (ca va être long d'attendre la version poche).

jeudi 15 mars 2012

Critique : "Court, Noir, Sans Sucre" par Emmanuelle Urien

Depuis un certain temps déjà, j'entends parler d'Emmanuelle Urien.
J'ai enfin pu faire sa connaissance le WE dernier à la rencontre littéraire "Du pain, du vin, du bouquin".

J'ai même acheté son premier recueil de nouvelles  qui est ressorti chez Quadrature en version revue et augmentée.

Quand on pense au temps qu'il m'a fallu pour le lire, que dis-je le dévorer, on peut se dire que ca fait cher de l'heure de lecture, mais c'est sans compter sur le rapport qualité/prix.

En effet Emmanuelle Urien nous livre ici quinze nouvelles qui comme l'indique le titre sont courtes et sombres. Quinze cafés dont les dernières gouttes sont amères. Chaque nouvelle met en scène une souffrance, plonge au coeur de l'ame humaine, du moins de son côté obscure. Les chûtes sont soudaines, brutales, définitives.

L'écriture est fluide, on est comme happé par un tourbillon, un cyclone dont l'oeil plongerait dans le tréfonds de nos âmes. Cette nouvelliste aborde des sujets difficiles sans jamais plonger dans le catastrophisme ni l'apitoiement. Il y a une vraie humanité dans ces nouvelles.

Bien sûr, il y a bien une ou deux nouvelles qui m'ont un peu moins touché, qui n'ont pas complétement fait vibrer ma corde sensible mais ce n'est pas ce que je retiendrai.

Un très beau livre que je recommande si bien sur vous n'êtes pas un adepte du livre-bonbon au gout acidulé.

TedYBear,
Mars 2012

mercredi 7 mars 2012

Contes de la folie Ordinaire

Mi-février, la compagnie Ombre et Visages,a créé "Les contes de la folie Ordinaire" avec Stéphane Battle à la mise en scène.

Affiche du spectacle photo (c) NicoToulouse
 Un spectacle fort et sans concession que j'ai photographié. Voici quelques extraits :

Olivier dans le rôle de Washington
Chris dans le rôle de Bukowski

Stéphane dans le rôle d'Hyans

Cyriel dans le rôle de Cherry


 J'ai aussi fait une chronique du spectacle sur le site de la théatrothèque :

On entre dans la salle. Le rideau est ouvert, on aperçoit le décor pour le moins minimaliste : une table, deux chaises et des papiers répandus sur le sol. Et puis un homme endormi, vautré parmi les papiers. On se pose des questions, l'atmosphère est posée. Les premiers mots – "Fermez la !" – finissent de planter le décor. On y voit un Bukowski infâme, alcoolique mais avec une vraie vision et une humanité ancrée aux tripes.

Le texte est très bien servi par la mise en scène de Stéphane Battle et par quatre comédiens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes. Un Bukowski très juste, sachant alterner l'humain, le visionnaire à moitié fou et l'alcoolique immonde. Un Hyans qui nous fait ressentir les émotions qui le traversent, de la jubilation à la colère et à la peur. Un Washington qui en impose et nous fait ressentir sa force à la fois physique et psychologique. Une Cherry interprétée avec brio qui nous fait vivre la descente aux enfers de ce personnage.

Pour résumer, une pièce qui ne laisse pas indifférent, fidèle à l'esprit de Bukowski et formidablement interprétée. Cette création peut, bien sûr, être améliorée, peut et doit encore mûrir en espérant que d'autres salles aient le courage de sortir des sentiers battus pour l'accueillir, car elle en vaut vraiment la peine. 

mardi 17 janvier 2012

Critique : "Le mec de la tombe d'à coté" par Katarina Mazetti

Lors du dernier atelier d'écriture qui se déroulait dans la librairie "Lithérêves" à St Alban, nous avons attaqué la nouvelle. Seule contrainte, chacun doit commencer par la même phrase : la première phrase d'un livre choisi par la libraire qui nous accueillait.
"Aujourd'hui on enterre un écrivain." Un sujet qui nous a inspiré ... peut être la publierai-je un jour ...

A la fin de l'atelier, je suis tombé sur ce bouquin, au titre fort à propos et à la couverture qui m'a interpellé.

Concernant l'auteur, je ne peux pas vous dire grand chose, si ce n'est qu'elle est suédoise ...


Ce livre raconte l'histoire d'une rencontre ... Deux individus, Désirée et Benny, qui n'ont absolument rien en commun, elle intellectuelle de gauche un peu bobo, lui agriculteur et très terre à terre. Une rencontre dans un lieu ou on ne l'attend pas, dans un cimetière ...

Dans ce roman à deux voix, les protagonistes nous racontent tour à tour de leur point de vue, l'évolution de cette histoire d'amour improbable, de ce choc des cultures ...

Une plume légère, des personnages travaillés ... même si ce livre ne revolutionne pas la littérature, il m'a tout de même fait passer un très agréable moment.

TedYBear